Enfant avec un cartable traversant un passage piéton près d'une école, symbolisant la sécurité sur le chemin scolaire
Publié le 15 mai 2024

Penser que l’assurance scolaire de base et les consignes de prudence suffisent à protéger votre enfant sur le trajet de l’école est une erreur courante qui peut s’avérer coûteuse.

  • Le trajet direct est couvert, mais un simple détour par la boulangerie crée une « zone grise » où l’assurance scolaire classique ne joue plus.
  • Les nouveaux Engins de Déplacement Personnel (trottinettes électriques) exigent une assurance responsabilité civile spécifique, distincte de l’assurance habitation.
  • En cas de chahut à un arrêt de bus, identifier le responsable est complexe, et sans garantie individuelle forte, l’indemnisation de votre enfant est incertaine.

Recommandation : Auditez dès maintenant vos contrats (assurance scolaire, habitation, auto) pour identifier et combler ces failles avant qu’un incident ne survienne.

Le moment où la porte se ferme et où vous regardez votre enfant s’éloigner seul pour la première fois sur le chemin de l’école est un rite de passage, mêlant fierté et anxiété. Vous lui avez inlassablement répété de bien regarder à gauche et à droite, de ne jamais courir pour traverser et de rester sur le trottoir. Vous avez même souscrit, consciencieusement, cette fameuse assurance scolaire pour « avoir l’esprit tranquille ». C’est la base de la prévention, le socle sur lequel repose la sécurité de millions d’écoliers chaque matin.

Mais que se passe-t-il si l’accident survient non pas à cause d’une imprudence, mais dans une de ces situations que personne n’anticipe ? Un chahut qui tourne mal à l’arrêt de bus, un petit détour pour acheter un pain au chocolat, un camarade transporté en voiture pour dépanner un voisin… C’est ici, dans ces « zones grises » du quotidien, que la protection que vous pensiez acquise s’effrite. La véritable sécurité de votre enfant ne repose pas uniquement sur les règles de prudence, mais sur une compréhension fine des failles juridiques et assurantielles qui transforment un simple trajet en un parcours à risques potentiels.

Cet article n’est pas une énième liste de conseils de prévention. C’est un itinéraire guidé à travers ces scénarios complexes. Nous allons décortiquer, point par point, les situations où les garanties de base ne suffisent plus et vous donner les clés pour bâtir un véritable filet de sécurité autour de votre enfant, bien au-delà des apparences.

Pour naviguer efficacement à travers les différents cas de figure qui jalonnent le parcours scolaire de votre enfant, ce guide est structuré pour répondre précisément à chaque situation. Vous y trouverez des analyses concrètes, des tableaux comparatifs et des conseils pratiques pour chaque mode de transport et chaque imprévu.

Bus scolaire ou métro : l’assurance du transporteur suffit-elle en cas de blessure ?

Lorsqu’un enfant monte dans un bus scolaire ou un transport en commun, les parents s’en remettent logiquement à l’assurance du transporteur. Ce dernier a en effet une obligation de sécurité envers ses passagers. En cas d’accident de la circulation, son assurance interviendra pour indemniser les dommages corporels subis par l’enfant. Cependant, cette protection a des limites importantes à connaître. Les plafonds d’indemnisation de ces contrats professionnels peuvent se révéler insuffisants face à des séquelles lourdes, comme une invalidité permanente. De plus, la responsabilité du transporteur ne commence qu’à la montée de l’enfant dans le véhicule et s’arrête à sa descente. Tout ce qui se passe avant ou après, notamment l’attente à l’arrêt de bus, constitue une zone grise non couverte par cette assurance.

Que se passe-t-il alors si le responsable de l’accident n’est pas identifié, par exemple en cas de délit de fuite ? C’est là qu’intervient le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires de dommages (FGAO). Cet organisme prend le relais pour indemniser les victimes d’accidents de la circulation lorsque l’auteur est inconnu ou non assuré. Il s’agit d’un filet de sécurité essentiel qui a permis la prise en charge de 26 111 victimes pour 197 millions d’euros d’indemnités en 2023. La saisine du FGAO suit cependant une procédure stricte, qui nécessite de la rigueur et de la méthode.

Il est crucial de comprendre que la loi Badinter de 1985, très protectrice pour les passagers mineurs de véhicules terrestres à moteur comme les bus, ne s’applique pas de la même manière pour les tramways ou les métros, qui relèvent du transport ferroviaire. Le régime de preuve et d’indemnisation peut y être moins favorable, renforçant l’intérêt d’une couverture personnelle complémentaire comme une Garantie Accidents de la Vie (GAV) ou une bonne individuelle accident.

Trottinette électrique ou vélo : quelles règles spécifiques pour le trajet scolaire des ados ?

L’autonomie des adolescents passe de plus en plus par l’usage de vélos ou de trottinettes électriques, aussi appelés Engins de Déplacement Personnel Motorisés (EDPM). Cette nouvelle mobilité, si elle est pratique, s’accompagne d’une réglementation stricte et de risques accrus. Le bilan provisoire de l’accidentalité routière en France est d’ailleurs préoccupant, avec 44 utilisateurs d’EDPM décédés et 780 blessés graves en 2024, un chiffre en hausse de 16% pour les blessés graves. Pour un parent, il est donc impératif de maîtriser les règles qui encadrent ces usages pour le trajet scolaire.

Gros plan sur les roues d'une trottinette électrique et les pieds d'un adolescent équipé, illustrant la mobilité urbaine des jeunes

La principale différence, et le piège le plus fréquent, réside dans l’assurance. Si les dommages causés par un enfant à vélo sont généralement couverts par la garantie responsabilité civile du contrat d’assurance habitation, ce n’est absolument pas le cas pour une trottinette électrique. Considérée comme un véhicule terrestre à moteur, elle doit obligatoirement faire l’objet d’un contrat d’assurance RC spécifique. Rouler sans cette assurance est un délit, et en cas d’accident causant des dommages à un tiers, les conséquences financières peuvent être désastreuses pour la famille.

Le tableau suivant, basé sur les informations de Service-Public.fr, synthétise les différences fondamentales de réglementation que tout parent d’adolescent doit connaître.

Réglementation EDPM vs vélo pour le trajet scolaire en France
Critère Trottinette électrique (EDPM) Vélo classique
Âge minimum légal 14 ans (décret du 31/08/2023) Aucun âge minimum légal
Assurance RC obligatoire Oui — assurance spécifique EDPM (art. L. 211-1 du Code des assurances) Non obligatoire (RC habitation généralement suffisante)
Casque obligatoire Obligatoire hors agglomération ; recommandé en ville Obligatoire pour les moins de 12 ans (décret n°2017-1)
Circulation autorisée Pistes cyclables obligatoires ; chaussée si absence de piste (≤ 50 km/h) Pistes cyclables et chaussée
Vitesse maximale 25 km/h Pas de limitation spécifique
Amende en cas d’infraction 135 € (contravention 4e classe) 135 € (absence de casque < 12 ans)
Couverture par assurance habitation Non — véhicule terrestre à moteur, exclu de la RC habitation Oui — généralement couverte par la RC habitation

Boulangerie ou maison des copains : l’assurance joue-t-elle si l’enfant fait un petit détour ?

C’est un scénario des plus banals : sur le chemin du retour de l’école, votre enfant décide de faire un petit crochet par la boulangerie ou de passer saluer un copain qui habite à deux rues. Pour lui, c’est une péripétie anodine ; pour votre assureur, c’est une rupture du trajet scolaire. Et cette distinction a des conséquences majeures. L’assurance scolaire de base, celle que l’on souscrit souvent pour une dizaine d’euros, ne couvre l’enfant que sur le trajet le plus direct entre le domicile et l’établissement scolaire, ainsi que durant les activités scolaires obligatoires et facultatives. Dès que l’enfant s’écarte de cet itinéraire, il sort du cadre de la garantie.

Un enfant au cartable coloré hésite à un carrefour urbain entre deux directions, symbolisant le détour sur le trajet scolaire

Si un accident survient pendant ce détour, que ce soit une chute ou un dommage causé à un tiers, l’assurance scolaire de base ne fonctionnera pas. C’est une « zone grise » majeure que peu de parents connaissent. Pour être couvert en toutes circonstances, que ce soit le week-end, pendant les vacances ou lors de ce fameux détour, il est indispensable d’opter pour une formule extrascolaire 24h/24. Comme le rappelle Service-Public.fr, les tarifs débutent en général aux environs de 10 € par an pour la formule de base, mais la protection renforcée d’une formule complète est souvent bien plus judicieuse.

Ce tableau comparatif illustre clairement la différence de couverture entre une assurance scolaire standard et une formule extrascolaire, mettant en lumière les nombreuses situations du quotidien laissées sans protection par un contrat de base.

Assurance scolaire classique vs formule extrascolaire 24h/24 : couverture comparée
Situation de l’enfant Formule scolaire de base (≈ 10-15 €/an) Formule extrascolaire 24h/24 (≈ 20-40 €/an)
Trajet direct domicile-école ✅ Couvert ✅ Couvert
Activités scolaires obligatoires ✅ Couvert ✅ Couvert
Sorties scolaires facultatives ✅ Couvert ✅ Couvert
Détour par la boulangerie ou chez un ami ❌ Non couvert (interruption de trajet) ✅ Couvert
Mercredi après-midi / week-end ❌ Non couvert ✅ Couvert
Vacances scolaires ❌ Non couvert ✅ Couvert
Activités sportives extrascolaires ❌ Non couvert ✅ Couvert (vérifier exclusions sports à risque)
Dommages causés à autrui (RC) ✅ Couvert (pendant activités scolaires) ✅ Couvert en permanence
Blessures de l’enfant lui-même (IAC) ✅ Couvert (pendant activités scolaires) ✅ Couvert en permanence

Chahut à l’arrêt de bus : qui est responsable si un enfant est poussé sur la route ?

L’attente à l’arrêt de bus est un moment de transition, souvent synonyme de détente et parfois de chahut entre camarades. Mais que se passe-t-il si une bousculade, même involontaire, projette un enfant sur la chaussée où il est blessé ? La question de la responsabilité devient alors un véritable casse-tête, une « responsabilité en cascade » impliquant potentiellement plusieurs acteurs. Contrairement à une idée reçue, l’établissement scolaire ou le transporteur ne sont généralement pas tenus pour responsables, car l’accident a lieu en dehors de l’enceinte scolaire et avant la montée dans le bus. Le premier réflexe est de se tourner vers l’auteur de la poussée.

Dans ce cas, c’est l’assurance responsabilité civile incluse dans le contrat d’assurance habitation des parents de l’enfant « fautif » qui doit indemniser la victime. Mais le problème se corse si l’auteur n’est pas clairement identifié, comme c’est souvent le cas dans un mouvement de groupe. Qui paie alors ? C’est ici que la garantie individuelle accident (IAC) de la victime, souscrite via son assurance scolaire ou une Garantie des Accidents de la Vie (GAV), devient cruciale. Elle est le seul filet de sécurité qui permettra d’indemniser les propres dommages corporels de l’enfant en l’absence de tiers responsable identifié. En parallèle, la responsabilité de la collectivité territoriale (la mairie) peut être recherchée si l’aménagement de l’arrêt de bus est jugé défaillant (absence de barrières, etc.).

Étude de cas : Le mécanisme d’indemnisation en cascade

Imaginons qu’un enfant soit poussé par un camarade lors d’un chahut à un arrêt de bus et se blesse en tombant sur la route. La première assurance à intervenir est la garantie Responsabilité Civile (RC) des parents de l’enfant auteur de la poussée. Si cet auteur n’est pas identifié, c’est alors la garantie individuelle accident de l’enfant victime (via son assurance scolaire ou une GAV) qui prend le relais pour ses propres dommages. De plus, si l’aménagement de l’arrêt de bus est jugé dangereux (trop proche de la chaussée, sans protection), la responsabilité de la commune peut être engagée devant le tribunal administratif. Enfin, si le chahut se produit aux abords immédiats de l’école pendant le temps scolaire, la responsabilité de l’État peut se substituer à celle des enseignants pour défaut de surveillance.

Votre plan d’action : 5 vérifications face au risque de chahut

  1. Garantie individuelle accident : Vérifiez que votre assurance scolaire inclut une garantie individuelle accident (IAC) avec un capital invalidité d’au moins 300 000 € et un remboursement des frais de soins sans franchise.
  2. Responsabilité civile : Confirmez que votre assurance habitation comporte bien une garantie responsabilité civile couvrant les dommages que votre enfant pourrait causer à un camarade.
  3. Aménagement de l’arrêt de bus : Inspectez l’aménagement de l’arrêt : présence de barrières, distance par rapport à la chaussée, signalisation. En cas de défaut, alertez la mairie.
  4. Défaut de surveillance : Si le chahut survient pendant le temps scolaire ou aux abords immédiats de l’école, une action pour défaut de surveillance contre l’État (via le rectorat) peut être envisagée.
  5. Procédure en cas d’accident : Faites constater immédiatement les blessures par un médecin et déclarez le sinistre à l’assurance scolaire ET à l’assurance habitation sous 5 jours ouvrés.

Conduire les enfants des voisins : quelles précautions prendre avec votre assurance auto ?

Organiser un covoiturage informel pour emmener les enfants des voisins à l’école est un geste d’entraide courant. Pourtant, ce transport bénévole n’est pas sans risques et engage directement votre responsabilité de conducteur et votre assurance auto. En 2024, 46 enfants de moins de 14 ans ont été tués sur les routes de France métropolitaine, un chiffre qui rappelle que le risque zéro n’existe pas. En cas d’accident, même non responsable, les passagers de votre véhicule, y compris les enfants que vous transportez, doivent être indemnisés pour leurs dommages corporels.

Votre contrat d’assurance auto couvre en principe cette situation, mais sous certaines conditions qu’il est indispensable de vérifier. La première est la nature du transport : il doit rester bénévole et occasionnel. Une participation financière régulière des autres parents pourrait être requalifiée par l’assureur en transport à titre onéreux, ce qui constitue une exclusion de garantie dans la plupart des contrats standards. Le second point, et le plus critique, est le plafond de la « garantie du conducteur et des personnes transportées ». Certains contrats d’entrée de gamme le plafonnent à des montants très bas (ex: 150 000 €), largement insuffisants face aux conséquences financières d’un handicap lourd chez un enfant. Un plafond d’au moins 1 million d’euros est une précaution indispensable.

Avant de prendre le volant avec les enfants du quartier, une vérification de votre contrat s’impose sur les points suivants :

  • Couverture du transport bénévole : Assurez-vous que votre contrat autorise bien le transport bénévole de passagers mineurs. Un simple appel à votre assureur peut clarifier ce point.
  • Plafond de garantie corporelle : Vérifiez le montant maximum de la garantie pour les dommages corporels subis par les passagers. Demandez une augmentation si celui-ci vous semble insuffisant.
  • Dispositifs de retenue : Assurez-vous que chaque enfant transporté dispose d’un siège auto ou d’un rehausseur homologué et adapté à son poids et sa taille, conformément à l’article R. 412-2 du Code de la route.

Pourquoi un piéton est-il indemnisé à 100% même s’il traverse au rouge (sauf faute inexcusable) ?

Face à la vulnérabilité des piétons, dont 451 ont été tués en France métropolitaine en 2024, la législation française a mis en place un régime de protection particulièrement fort. La loi du 5 juillet 1985, dite « loi Badinter », instaure un principe de réparation quasi automatique des dommages corporels subis par les piétons, cyclistes et passagers victimes d’un accident de la circulation impliquant un véhicule terrestre à moteur (voiture, moto, bus…). Ce principe est la pierre angulaire de la protection des usagers les plus faibles.

Vue plongeante sur les bandes blanches d'un passage piéton baigné de lumière matinale, évoquant la protection des piétons

Concrètement, cela signifie qu’un piéton blessé par une voiture sera indemnisé à 100% par l’assurance du conducteur, et ce, même s’il a commis une faute. Qu’il ait traversé en dehors du passage piéton, au feu rouge ou sans regarder, son droit à indemnisation reste entier. C’est un point fondamental qui rassure : la recherche de responsabilité est simplifiée pour garantir une prise en charge rapide de la victime.

Il existe une seule et unique exception à ce principe : la « faute inexcusable » du piéton, à condition qu’elle soit la cause exclusive de l’accident. Cette notion est interprétée de manière extrêmement restrictive par les tribunaux. Il s’agit d’une faute d’une exceptionnelle gravité, que la victime aurait dû prévoir et qu’elle a commise volontairement. Pour un enfant de moins de 16 ans, cette faute inexcusable ne peut jamais être retenue. Quelle que soit la gravité de son imprudence, un enfant piéton sera toujours indemnisé intégralement. Cette protection absolue est un pilier de la sécurité routière en France.

Jeune permis et surprime : comment gagner du bonus deux fois plus vite avec la conduite accompagnée ?

L’obtention du permis de conduire par un adolescent marque une nouvelle étape vers l’autonomie, mais aussi une période de risque accru et de coûts d’assurance élevés. Les assureurs appliquent systématiquement une « surprime » aux conducteurs novices pour compenser leur manque d’expérience. Cependant, il existe un levier puissant pour réduire à la fois le risque d’accident et le montant de cette surprime : l’Apprentissage Anticipé de la Conduite (AAC), ou conduite accompagnée. Les statistiques sont éloquentes : selon les assureurs, les jeunes ayant suivi l’AAC ont 5 fois moins de risques d’accident. Cet avantage se traduit directement sur le plan financier.

La surprime jeune conducteur est plafonnée par la loi. Sans AAC, elle s’élève à 100% de la prime de référence la première année, puis diminue progressivement. Avec l’AAC, cette surprime est divisée par deux dès le départ. De plus, la période probatoire du permis est réduite de trois à deux ans. L’économie réalisée sur les premières années d’assurance est donc très significative, comme le montre ce tableau comparatif.

Évolution de la surprime jeune conducteur : avec vs sans conduite accompagnée (AAC)
Année d’assurance Surprime SANS conduite accompagnée Surprime AVEC conduite accompagnée (AAC) Économie annuelle (base 800 €/an)
1ère année +100 % (soit 1 600 €) +50 % (soit 1 200 €) 400 €
2e année (sans sinistre) +50 % (soit 1 200 €) +25 % (soit 1 000 €) 200 €
3e année (sans sinistre) +25 % (soit 1 000 €) Supprimée (soit 800 €) 200 €
Total sur 3 ans 3 800 € 3 000 € 800 € d’économie cumulée

Pour bénéficier de ces avantages, il est impératif de déclarer la conduite accompagnée à son assureur. Le parent accompagnateur doit demander une extension de garantie, qui est gratuite. Omettre cette déclaration peut entraîner un refus de prise en charge en cas d’accident. C’est une démarche simple pour un bénéfice double : plus de sécurité pour le jeune conducteur et des économies substantielles pour les parents.

À retenir

  • L’assurance scolaire de base est limitée au trajet direct et aux activités scolaires, laissant les détours, week-ends et vacances dans une « zone grise » non couverte.
  • La responsabilité en cas d’accident peut être complexe (chahut, transporteur), rendant une garantie individuelle accident personnelle (GAV, assurance scolaire 24/24) indispensable comme filet de sécurité.
  • Les nouveaux modes de transport comme les trottinettes électriques (EDPM) exigent une assurance responsabilité civile spécifique, une obligation légale souvent ignorée et non couverte par l’assurance habitation.

Voyage linguistique ou classe de neige : pourquoi l’assurance scolaire devient-elle soudainement obligatoire ?

Alors que l’assurance scolaire est facultative pour les activités se déroulant dans l’enceinte de l’école et sur le temps scolaire, elle change de statut dès que l’on aborde les sorties qui dépassent ce cadre. Comme le précise le ministère de l’Éducation nationale, l’assurance scolaire devient obligatoire pour toutes les activités facultatives, notamment les sorties avec nuitée comme les classes de découverte, les voyages linguistiques ou les classes de neige. L’établissement est en droit de refuser la participation d’un élève qui ne présenterait pas une attestation prouvant qu’il est bien couvert par une double garantie : responsabilité civile (pour les dommages qu’il pourrait causer) et individuelle accident (pour ses propres blessures).

Cette obligation cache une réalité pratique : les risques se multiplient et les coûts potentiels explosent dès que l’on quitte le cadre habituel, surtout à l’étranger. Le Brexit, par exemple, a créé un véritable piège pour les familles. La Carte Européenne d’Assurance Maladie (CEAM) ne s’applique plus au Royaume-Uni, et les assurances scolaires de base ont des plafonds de frais médicaux à l’étranger souvent dérisoires.

Étude de cas : Le piège du voyage scolaire au Royaume-Uni post-Brexit

Un collégien en séjour linguistique en Angleterre se fracture le poignet. Ses parents, pensant être couverts par leur assurance scolaire extrascolaire, reçoivent une facture de 4 500 € de l’hôpital britannique. L’assurance ne rembourse que 800 €, son plafond pour les frais à l’étranger. La différence, soit 3 700 €, reste à la charge de la famille. Ce cas concret illustre la nécessité absolue de vérifier les plafonds et de souscrire une assurance voyage complémentaire spécifique pour les séjours hors de l’Union Européenne.

De même, une classe de neige implique des risques spécifiques comme les accidents de ski et les frais de secours en montagne, qui ne sont pas pris en charge par la Sécurité sociale. Une évacuation par hélicoptère peut coûter plusieurs milliers d’euros. Il est donc vital d’auditer son contrat avant le départ.

Checklist assurance avant un voyage scolaire

  1. Vérifiez la double garantie : Assurez-vous que votre contrat comporte bien la responsabilité civile ET l’individuelle accident, condition obligatoire pour les sorties facultatives.
  2. Demandez la CEAM (pour l’UE) : Pour un voyage dans l’Union Européenne, demandez la Carte Européenne d’Assurance Maladie à votre CPAM au moins 15 jours avant le départ. Elle est gratuite.
  3. Souscrivez une assurance voyage (hors UE) : Pour le Royaume-Uni et les autres pays hors UE, une assurance voyage complémentaire avec des plafonds de frais médicaux élevés et une garantie rapatriement est indispensable.
  4. Vérifiez les garanties neige : Pour une classe de neige, confirmez que le contrat couvre les sports d’hiver et les frais de recherche et de secours sur piste.
  5. Envisagez le « Carré Neige » : En complément, l’option « Carré Neige » vendue par les stations de ski (quelques euros par jour) est un excellent filet de sécurité pour les secours sur piste.

Pour garantir une protection efficace en toutes circonstances, il est fondamental de comprendre quand et pourquoi cette assurance devient un prérequis non négociable.

Maintenant que vous connaissez les failles des assurances standards et les zones grises du trajet scolaire, l’étape suivante est de passer à l’action. Procédez à un audit méthodique de vos contrats d’assurance habitation, auto et scolaire avec cette nouvelle grille de lecture pour garantir une protection sans faille à votre enfant, sur le chemin de l’école et bien au-delà.

Questions fréquentes sur la protection des enfants sur le trajet scolaire

L’assurance du transporteur scolaire suffit-elle à couvrir toutes les séquelles d’un accident grave ?

Non. L’assurance du transporteur intervient pour indemniser les dommages causés à l’enfant en cas d’accident, mais les plafonds de garantie peuvent être insuffisants face à des séquelles lourdes (traumatisme crânien, invalidité permanente). Une garantie individuelle accident personnelle avec un capital invalidité élevé est recommandée en complément.

Mon enfant est-il couvert pendant qu’il attend le bus à l’arrêt ?

Non. Le transporteur scolaire est responsable de l’enfant dès sa montée dans le véhicule, mais pas pendant l’attente à l’arrêt de bus. Cette zone grise n’est couverte par aucune assurance spécifique, sauf si les parents ont souscrit une formule extrascolaire 24h/24.

Un enfant blessé dans le métro ou le tramway bénéficie-t-il de la même protection que dans un bus scolaire ?

Non. La loi Badinter, qui protège quasi-automatiquement les passagers mineurs, est réservée aux véhicules terrestres à moteur. Un enfant blessé dans le métro ou le tramway est couvert par le contrat de transport ferroviaire, dont le régime de preuve et d’indemnisation peut être moins favorable.

Doit-on déclarer la conduite accompagnée à son assureur ?

Oui, obligatoirement. Le parent accompagnateur doit demander une extension de garantie à son assureur auto. Cette extension est gratuite et n’entraîne aucune surprime. En cas d’oubli, l’assureur peut invoquer une fausse déclaration et refuser toute prise en charge en cas d’accident.

Un jeune peut-il conduire seul dès 17 ans depuis le décret du 20 décembre 2023 ?

Oui, depuis le 1er janvier 2024, un jeune peut conduire seul en France dès 17 ans. Cependant, les assureurs appliquent les mêmes coefficients de surprime jeune conducteur. Seule la conduite accompagnée (AAC) permet de réduire cette surprime de moitié.

La surprime disparaît-elle plus vite avec l’AAC ?

Oui. Avec l’AAC, la surprime est de 50 % la première année (contre 100 %), 25 % la deuxième (contre 50 %) et elle est supprimée dès la troisième année sans sinistre responsable (contre 25 % en formation classique). Le permis probatoire est également réduit à 2 ans au lieu de 3.

Rédigé par Marc Delorme, Ancien expert automobile diplômé d'État et consultant en indemnisation sinistres, Marc possède 18 ans d'expérience dans la gestion des dossiers accidents et le chiffrage des dommages véhicules.